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Publié le 9 Octobre 2015

Un étudiant en linguistique m'a contactée pour me demander mon opinion sur le rôle du multimédia dans la classe de FLE (Je ne cite pas son nom car il s'agit peut-être d'un devoir !). J'ai trouvé cette question très intéressante et tellement d'actualité. De nos jours, on se sent un peu ringard si on arrive en classe avec un livre ou des photocopies alors que nos collègues auront préparé une leçon sur un tableau interactif avec des vidéos et des articles d'Internet, un jeu depuis une application sur un smartphone ou un powerpoint pour réviser le vocabulaire.

D'accord, pour rester à la page il faut peut-être ranger ses vieux manuels mais je ne suis pas tout à fait pour l'utilisation intempestive du multimédia en classe.

Tout d'abord, personnellement j'enseigne à des gens qui passent leur journée entre leur ordinateur, tablette et téléphone alors je n'ai pas envie de leur coller un écran de plus quand ils arrivent en classe. La plupart des étudiants, excepté ceux qui veulent se préparer à un examen, apprennent le Français pour pouvoir communiquer. Et déjà qu'ils n'ont que deux heures de Français dans la semaine, je ne veux pas réduire leur temps de parole davantage. Pour moi, les étudiants sont là pour parler. Ils apprennent le Français en parlant et non en faisant des exercices de grammaire (un peu quand même) ou en fixant un tableau interactif.

J'ai d'ailleurs commencé ce blog parce que je n'ai pas la possibilité en classe de raconter à mes étudiants tout ce que j'ai à dire sur la culture française. Ils ont donc la possibilité de le lire en complément après la classe, ainsi que voir des films, des documentaires que je recommande et je leur donne aussi des adresses de sites Internet ou des applications intéressants.

En classe j'aime utiliser un article et surtout des photos, car je trouve qu'on peut vraiment développer en fonction du niveau de l'apprenant avec une image. C'est super d'écouter les infos, de courts extraits sur lesquels on va travailler le vocabulaire et discuter ou une musique sympa ou voir un court documentaire de temps en temps pour lancer un nouveau sujet. Mais je suis convaincue qu'il ne faut pas abuser du multimédia en classe.

De nombreuses études démontrent qu'on n'apprend pas aussi bien face à un ordinateur qu'à une réelle personne. Cela me fait peur quand j'entends des propositions au gouvernement pour que les enfants utilisent de plus en plus des ordinateurs à l'école. Comme s'ils n'étaient pas déjà assez scotchés à Facebook ou à leurs jeux vidéos en dehors des cours. Mais on veut économiser les profs comme les caissières au supermarché et voilà ; nous vivons dans un monde de plus en plus déshumanisé.

Une expérience me vient à l'esprit : dans un premier groupe un enseignant a montré à des enfants comment faire un noeud compliqué avec une corde. Un second groupe apprenait la même chose, mais cette fois-ci les enfants suivaient les instructions de l'enseignant depuis une vidéo. La plupart des enfants du premier groupe ont réussi à faire le noeud dès le premier essai alors que certains du deuxième groupe ont eu besoin de voir la vidéo jusqu'à dix fois pour y arriver !

L'être humain, à commencer par le bébé, apprend en regardant et en communiquant avec les autres. Il faut un réél échange, il faut des parents attentifs, qui font des gestes exagérés, de grands sourires et qui regardent leur enfant au fond des yeux. Il y a un dialogue entre le bébé et le parent, tout comme le professeur peut voir quel étudiant est perdu mais n'ose pas poser de questions.

Malheureusement, je me rends compte que je dois nuancer mon discours à cause d'un problème qui touche énormément de jeunes mais également de plus en plus d'adultes. Je vois que mes étudiants ont de plus en plus de difficultés à se concentrer pendant deux heures sans toucher à un écran tactile ! Les gens ne savent plus se concentrer. Quand un étudiant veut décrire quelque chose aux autres, il sort une image depuis Internet. Quand il a besoin d'une info, il coupe le fil de la conversation et se plonge dans une recherche éffrénée sur Internet. L'info n'est pas importante mais il a besoin de savoir là et maintenant ! Il aura probablement oublié avant de rentrer chez lui.

Je vous concèdequand même un point : on a démontré que notre cerveau enregistre mieux une information quand il l'apprend par plaisir, alors pourquoi ne pas ponctuer la leçon de quelques jeux depuis un ordinateur ?

Mais tout cela m'énerve, je me dis que bientôt on fera la classe en s'envoyant des textos, le tout ponctué de selfies postés sur Facebook pour montrer combien on s'amuse !

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #POUR LES PROFS

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Publié le 18 Juillet 2014


Cette situation se présente si souvent, malheureusement ! Quand on commence on s'imagine que si on nous a donné une classe de niveau A2 ou C1, cela veut dire que les étudiants ont été testés de manière rigoureuse. Cependant, il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu. Certains étudiants auront peut-être beaucoup de connaissances grammaticales mais de gros problèmes à l'oral. D'autres connaîtront des expressions idiomatiques mais auront tous les temps à réviser. Dans les classes de vrais débutants, il y a des gens qui n'ont pas voulu dévoiler leur réel niveau parce qu'ils ont peu confiance en eux et ont l'impression d'avoir tout oublié. Or une fois dans votre classe ils font peur aux autres étudiants car ils semblent tout savoir. Il y a ceux de langue latine qui auront toujours un avantage par rapport aux anglophones ou aux asiatiques et qui peuvent trépigner d'impatience quand vous expliquez quelque chose qui coule de source pour eux. Et voilà, on vous a collé tous ces étudiants ensemble ! Sans compter que dans les petites écoles les niveaux sont souvent divisés seulement en trois voire quatre ; vrai débutant, débutant, intermédiaire et avancé. Or vous savez combien il y a de choses à apprendre dans chaque niveau. Ce que je détestais le plus dans la dernière petite école où j'ai travaillé, c'était qu'on m'envoyait en classe les étudiants qui pensaient avoir le niveau que j'enseignais et j'étais supposée les tester pendant mon cours ! Bien sûr ils n'avaient aucun point de comparaison avec les autres niveaux et soutenaient la plupart du temps que cette classe leur convenait tout à fait. C'était l'horreur et le client était roi.  

Tout d'abord, face à la différence de niveau, il ne faut pas vous stresser ou pester contre votre collègue qui a fait les tests. J'ai vu des étudiants qui avaient une grande différence de niveau mais qui s'entendaient très bien. Certains sont même amis et refusent à être séparés. Au contraire, d'autres ont exactement le même niveau mais se détestent. Une étudiante américaine m'a une fois suivie jusque dans les toilettes pour me dire qu'elle ne supportait plus la Grecque avec qui je la mettais souvent. Donc le plus important c'est que l'ambiance dans le groupe soit bonne, que les étudiants aient envie de revenir, qu'ils aient tous appris quelque chose à chaque leçon, qu'ils se sentent suivis et encouragés par le prof par rapport à leurs progrès personnels.


Parfois il faut rassurer les étudiants, leur expliquer que la classe convient à tous mais peut-être pour différentes raisons, qu'il y a des différences au début mais qu'elles vont s'estomper après quelques semaines. Pensez surtout à rassurer les débutants qui n'arrivent pas à juger leur niveau par rapport aux autres. Ils peuvent être très impressionnés par quelqu'un qui semble avoir beaucoup de vocabulaire. Or cette personne a un(e) petit(e) ami(e) français(e) et ne connaît que quelques mots. Je me souviens d'un intensif où j'avais d'anciens étudiants qui avaient commencé au niveau débutant et arrivaient au niveau intermédiaire. Ils parlaient lentement mais leur prononciation était parfaite, les notions de grammaire étaient toutes bien acquises. Et voilà que des personnes exterieures ont rejoint le groupe. Elles parlaient beaucoup plus vite et étaient très à l'aise. Je me rappelle le visage terrorisé de mes étudiants. En fait ils étaient meilleurs, les nouveaux ayant tout à réviser, et pourtant les miens voulaient fuir ! Cet intensif s'est finalement très bien passé. Je me rappelle d'étudiants qui ne savent rien et qui après quelques leçons ont presque dépassé les autres. Certains sont juste "rouillés" et ont besoin de se remettre dans le bain, d'autres ont une volonté ou une intelligence extraordinaire. Et puis il ne faut pas oublier le travail du prof qui arrive à faire des miracles ! ;)

Bref, n'allez pas vous plaindre sans cesse auprès de votre directeur pédagogique et surtout ne proposez pas aux étudiants ne changer de classe. Ils peuvent mal le prendre et cela peut se retourner contre vous (mon expérience... le client est roi...). Montrez-vous ouvert(e) et que chacun peut venir vous voir après la classe s'il y a des questions, invitez les étudiants du regard quand ils quittent la pièce avec des "ça va ? Pas de questions ?" Si un étudiant faible est absent à une classe, prenez-le à part lors d'une activité pendant la classe suivante et révisez ce qui a été fait, ne le matraquez pas de questions à son arrivée et laissez-le se réintégrer à son rythme. Si un étudiant faible est absent pendant deux classes agissez : téléphonez pour discuter, proposez une heure de rattrapage.  

 Mais dites-vous bien que cette situation se présentera toujours et qu'il faut faire avec, changer les étudiants de classe n'est pas une solution, qui plus est comme je vous ai dit vous ne pouvez pas savoir comment ils vont progresser. Peut-être qu'il n'y a pas de différence de niveau au début mais qu'elle va apparaître au fur et à mesure des classes.

Alors, que faire ?? Voici quelques suggestions ;

Ecrivez toujours votre objectif de classe en haut du tableau et laissez-le comme un titre pendant toute la leçon. A la fin, montrez le titre de la main et insistez pour dire que c'est l'objectif à atteindre. Vous avez vu beaucoup de choses, les étudiants ont pris plein de notes, ils ont l'impression qu'il y a des tonnes à mémoriser, il y a plein de choses qu'ils ne savaient pas etc. Dites-leur "voilà, pour la semaine prochaine il faut juste savoir faire ça et ça et le
vocabulaire qui est ici". Insistez en disant que la semaine suivante vous allez tout réviser. Et la semaine d'après. Et encore après ! Les premières classes sont difficiles pour les débutants, la leçon est tellement riche ! ils se sentent vite dépassés. Répétez que les premières classes sont les plus difficiles parce que tout est nouveau mais que vous allez progresser doucement, que vous allez beaucoup réviser.

Commencez et terminez toujours la leçon de la même manière et faites intervenir les étudiants faibles à ce moment-là, ils sont préparés aux choses qui se répètent chaque semaine.

Quand vous interrogez les étudiants à tour de rôle, donnez la parole aux meilleurs pour les deux premières fois et écrivez ce qu'ils disent au tableau pour que les faibles comprennent le but de l'exercice. Puis interrogez les plus forts quand tous les autres seront passés et que les exemples les plus simples auront été donnés ; ils devront faire preuve d'imagination.

Aux faibles je demande de décrire les images, compléter des phrases à trous au tableau, je pose des questions simples sur le dialogue etc. Aux plus forts je demande de résumer le texte, argumenter, donner son opinion, expliquer une nouvelle notion, extrapoler.

Trouvez le point fort des étudiants faibles et mettez-le en valeur. Les dictées de chiffres peuvent bien marcher pour certains, félicitez-les devant les autres ; "ah, Paul a encore tout bon !" S'ils font une phrase intéressante, écrivez-la au tableau et faites part de votre admiration. N'oubliez pas de complimentez une bonne prononciation. Je ne taris jamais d'éloges et je fais souvent sourire mes étudiants ; parfait ! magnifique ! sublime ! excellent !

Corrigez les faibles au minimum et encouragez-les à participer, montrez que vous comprenez ce qu'ils disent mais montrez-vous plus exigeant(e) avec les meilleurs. Je reviendrai sur ce qu'il faut corriger mais en quelques mots je dirai que je ne corrige que l'objectif de la leçon du jour ou ce qui a déjà été étudié même si les autres erreurs sont énormes. Si vous corrigez trop l'étudiant est vite découragé. Aussi j'aide les étudiants à s'auto-corriger. Quand ils font une erreur du genre "j'ai allé" ou "mon mère" je fais "pardon ?" en tendant l'oreille ou bien je tousse dans mon poing "hum hum" (les étudiants comprennent vite que c'est le signe d'une erreur et cela les fait sourire). Souvent l'étudiant se reprend de lui-même, les autres peuvent aussi souffler la réponse mais le plus important c'est qu'elle ne vient pas systématiquement de vous. Enfin quand un étudiant dit "je suis allé à le cinéma" vous pouvez dire "et qu'est-ce que vous avez vu au cinéma ?" (Faites une pause d'une mini seconde sur le mot, l'étudiant a entendu la correction mais vous n'avez pas arrêté la conversation pour étudier l'erreur). Je reviendrai sur ce sujet.

J'écris le nom de tous mes étudiants sur une colonne à droite du tableau à chaque classe et quand ils disent quelque chose de bon je donne un, deux, trois points. L'idée est qu'à la fin de la leçon tous les étudiants ont le même nombre de points et les faibles peuvent voir qu'ils ont leur place dans le groupe.   

Pour les exercices ou rôle-plays à préparer en petits groupes, comment faire les groupes ? Je mélange les faibles et les forts car si vous mettez les faibles ensemble ils ne vont rien produire et vont stresser en regardant les autres gratter trois pages de dialogue en deux minutes. Je ne demande pas toujours de restituer tous en commun. Je regarde ce qu'ils ont produit et je choisis un groupe qui a produit le plus intéressant, ou bien je prends les feuilles et je lis des extraits amusants que je sélectionne (souvent l'humour se perd à cause de la prononciation, de la vitesse à laquelle l'étudiant lit etc).


Parfois je donne le texte de la semaine suivante à lire à l'avance mais je ne le fais pas systématiquement car cela dépend comment la classe marche. Observez qui fait les devoirs. Parfois les faibles sont très occupés alors que les meilleurs auront relevé tout le nouveau vocabulaire. Ainsi la différence se creuse alors que vous avez voulu donner un avantage.

Je ne corrige pas les devoirs en classe car c'est une perte de temps par rapport au temps de communication et production personnelle (j'y reviendrai). Mais je passe beaucoup de temps à expliquer les devoirs à faire en fin de classe. Ce qui est évident pour le prof ne l'est pas pour l'étudiant. Ils se retrouvent face à des intitulés d'exercices très compliqués pour quelque chose de simple à faire, il y a du jargon grammatical qu'ils ne connaissent pas, ils ne voient pas l'objectif de l'exercice etc. N'hésitez pas à faire ensemble un ou deux exemples de chaque exercice. Je donne la solution à part et je ramasse les devoirs la semaine suivante pour voir comment ils progressent. Pour les plus avancés, vous pouvez proposer des exercices supplémentaires que vous appellerez "challenge", un texte à lire et à commenter, une dissertation.

N'hésitez pas à poser des questions difficiles aux meilleurs pour montrer qu'ils ont encore à apprendre. Ou donnez-leur une position de prof dans le groupe pour les flatter. Quand un étudiant vous pose une question, tournez-vous vers eux pour voir s'ils peuvent répondre. J'amuse souvent les étudiants en appelant celui qui sait tout mon "chouchou" et quand je montre que je suis très contente d'une réponse, quand je donne trois points à quelqu'un ils scandent tous "chouchou, chouchou !" Vous avez gagné quand ceci est attribué à un faible parce qu'il a réussi quelque chose.  

Et pour finir quand la classe est terminée je suis la dernière à sortir de la salle. Je regarde les étudiants partir, je lance mes plus grands sourires en leur disant "bonne semaine, à mardi !", je me montre à leur disposition s'ils ont des questions. Dans mon regard j'essaie de mettre tous mes encouragements, mon écoute, mes félicitations. Je montre qu'ils peuvent me faire confiance et combien pour moi chaque étudiant est important.

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Rédigé par Frenchteacher

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Publié le 5 Février 2014

On est tous d'accord sur un point : le prof de langues n'est pas un prof comme les autres, il est supposé parler le moins possible en classe. Les étudiants s'appellent d'ailleurs des "apprenants". Ils doivent être actifs dans leur apprentissage et non pas écouter un prof leur réciter tous les verbes irréguliers et règles de grammaire à mémoriser. Partant de ce principe, nous pourrions penser que la lecture d'un texte en classe est une excellente opportunité pour les faire parler. Vous divisez le texte en paragraphes et donnez la parole à tour de rôle à chaque étudiant. Et vous vous frottez les mains en vous disant qu'au moins même les plus timides auront parlé à cette occasion. C'est ce que je me disais au début, jusqu'à ce que je me fasse observer par une inspectrice de l'Alliance Française de Paris alors que j'enseignais à celle de Londres. L'inspectrice nous avait tous réunis pour nous faire part de ses observations. "Le prof doit lire le texte, pas les étudiants !" nous a t-elle expliqué. Et cela m'a soudain paru évident. Tout d'abord, celui qui lit ne comprend pas ce qu'il lit car il se concentre sur sa prononciation et stresse d'avoir toute l'attention de la classe sur lui, enfin les autres ne comprennent pas davantage car la plupart du temps le lecteur massacre le texte. Bref, l'expérience est pénible pour tous. Je me suis donc mise à lire mes textes et tout de suite j'ai apprécié les avantages. En lisant lui-même, le prof peut clarifier le sens du texte et aider à sa compréhension. Il met l'accent sur les mots importants, peut donner rapidement une périphrase après un mot difficile, mimer le vocabulaire nouveau, créer un rythme dans le texte. En deux mots, le prof rend le texte vivant et intéressant. Mes classes sont devenues beaucoup plus agréables depuis que je lis mes textes et je ne complexe plus par rapport au temps de parole du prof. En plus, une fois que vous aurez étudié le texte ensemble, rien ne vous empêche de prendre un paragraphe ou deux et de les faire lire à voix haute, pour travailler la phonétique. C'est ce que je fais avec mes dialogues dont j'ai la transcription. Je fais écouter le dialogue plusieurs fois, on en discute etc et pour terminer je propose à l'étudiant de lire la transcription. D'abord il la lit pour lui même. Parfois je donne des directives ; "faites attention aux verbes au plus-que-parfait", "relevez les pronoms", retrouvez les expressions idiomatiques que nous venons d'étudier" etc. Puis, une fois que le texte est acquis en profondeur, je le fais lire à l'étudiant.

Et voilà une bonne chose de faite !    

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Rédigé par Frenchteacher

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Publié le 16 Janvier 2014

Ma feuille de verbes au subjonctif

Liste de questions pour parler au subjonctif

Pour mon premier article de l'année, le subjonctif m'est venu à l'esprit car on en a souvent besoin pour formuler nos voeux de bonne année ; que cette année soit une année pleine de joie et de réussite professionnelle, qu'elle vous apporte le succès dans les affaires comme dans votre vie personnelle etc.

Le subjonctif est difficile à enseigner aux anglophones ; il n'existe pas dans leur langue et ils ont en général de terribles souvenir d'école. La première chose à faire est donc de les rassurer. Pour cela, je raconte une anecdote à mes étudiants. Alors que j'étais débutante, j'avais dit à mes étudiants que nous allions étudier le subjonctif la semaine suivante. Ils étaient, bien sûr, tous partis avec un air inquiet. Le jour venu, un étudiant est arrivé avec un air triomphant dans la classe : "ma petite amie m'a dit que les Français n'utilisent pas le subjonctif !" Les autres étudiants ont tout de suite été soulagés, comme s'ils allaient pouvoir éviter la torture. Ils se sont alors tournés vers moi, avec des regards qui me demandaient pourquoi je voulais leur apprendre quelque chose d'inutile. Je n'ai pas suggéré à mon étudiant de dire à sa petite amie de réviser sa grammaire, j'ai plutôt tourné l'incident à mon avantage. "Vous voyez", leur ai-je dit, "le subjonctif ressemble tellement au présent que la plupart des Français ne se rendent pas compte quand ils l'utilisent". Et je leur ai donné des exemples : "il faut que je travaille tard aujourd'hui", "il faut que tu me donnes la clé", "il faut qu'il mange plus de légumes", "il faut absolument que tu regardes ce film", "il faut que je téléphone à Pierre" etc. Et donc, je leur explique qu'après "il faut que", c'est du subjonctif mais les Français n'y pensent pas, c'est tellement naturel. 

Puis je leur explique rapidement que "subjonctif" exprime la subjectivité, quelque chose qui n'est pas réel. "tu regardes le film" est réel mais "il faut que tu regardes le film" est une opinion, une suggestion, donc c'est du subjonctif. C'est l'explication qu'on trouve dans tous les manuels mais je ne l'aime pas parce qu'il suffit de dire "tu dois regarder le film" et il n'y a pas de subjonctif et voilà, l'anglophone est perdu. En plus après il faut leur expliquer que "j'espère que", "je crois que", "je pense que" ne sont pas suivis du subjonctif, alors que, franchement, ce sont sans doute les expressions les plus subjectives qui soient !

Après, je leur donne des exemples de phrases à toutes les personnes. "Qu'est-ce que vous observez ?" "Le i pour nous et vous", répondent-ils. "Voilà, c'est la seule chose à mémoriser. C'est facile le subjonctif, n'est-ce pas ?" Et je leur donne plein de verbes réguliers à transformer : danser = il faut que vous dansier, visiter = il faut que vous visitiez etc.

A ce moment-là, il y a toujours un étudiant qui demande s'il y a des exceptions. C'est qu'ils sont habitués à la liste d'exceptions qui suit une règle ;) Là je fais un grand sourire "Ah oui, bien sûr, mais vous les connaissez, c'est quels verbes à votre avis ?" et tout de suite ils me citent être, avoir, aller, faire... Et j'en reste là pour la première semaine. Je leur dis de bien mémoriser le "i" après nous et vous et si possible d'apprendre les verbes irréguliers principaux. Le reste de la leçon, on fait quelque chose sur la culture française, quelque chose de léger.

La semaine d'après, je ne fais pas non plus toute la leçon sur le subjonctif. Je leur fais juste répéter quelques verbes réguliers. Je leur demande de me donner des exemples de ce qu'ils doivent acheter pendant la semaine, à qui ils doivent téléphoner, où doivent-ils aller etc.

Pour la troisième semaine, je leur explique la structure du subjonctif : on prend "ils" au présent et on ajoute e, es, e, ions, iez, ent. Je leur donne une liste de verbes très fréquents et on pratique ensemble : ils boivent = il faut que je boive, ils écrivent = il faut que j'écrive, ils dorment = il faut que je dorme. Puis je leur demande : "il faut que nous buvions, nous prenions, nous allions...", ça ressemble à quoi ? A l'imparfait, bien sûr". Donc, pour "ils", c'est exactement la même chose au présent et au subjonctif et "nous/vous", c'est comme à l'imparfait. Et je redonne une liste de verbes à transformer, en leur demandant de penser à "ils" au présent. Je finis = que je finisse, je pars = que je parte.

La quatrième semaine, je fais finalement une leçon complète sur le subjonctif. J'utilise un chapitre de la grammaire en dialogues ; "il faut que je fasse un régime ?" Bien sûr, beaucoup de conversation et pas juste sur le subjonctif. Avec ce dialogue on peut comparer la nourriture française et celle de l'apprenant. La femme du dialogue est normande et elle fait allusion au beurre et à la crème fraîche. Les étudiants connaissent-ils les spécialités régionales de la France ? Puis on finit sur "que faut-il manger pour être en bonne santé ?" "Faut-il manger allégé ?" etc.

Un devoir sympa est de demander aux étudiants d'écrire une lettre à un ami français qui voudrait s'installer dans leur pays. Quels conseils peuvent-ils donner pour trouver du travail, se faire des amis, ce qu'il y a à visiter etc.

Les semaines suivantes, je fais un petit dialogue par semaine avec le livre compréhension orale ; il y en a plein. J'utilise plutôt le sujet de conversation du dialogue et je fais un clin d'oeil au subjonctif ; "quels verbes au subjonctif entendez-vous ?" Et je termine la leçon en leur demandant ce qu'il faut qu'ils fassent pendant la semaine ou le week end.

Puis, je fais une pause pendant quelques leçons et après cela j'introduis peu à peu toutes les différentes structures qui utilisent le subjonctif. Compréhension orale 2 est très bien pour cela.

J'espère que cela vous aura donné quelques idées pour vos leçons. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.       

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Publié le 25 Novembre 2013

On me demande parfois conseil en ce qui concerne les manuels pédagogiques. Lesquels utilisez-vous ? C'est difficile de donner son opinion car il y a tellement de situations différentes ; groupe ou étudiant privé, quel objectif, quels centres d'intérets, quelle attitude (et connaissances) face à la grammaire, quelle est la langue maternelle de l'apprenant ? Tant de questions !

Aussi, tout ne dépend pas du livre que vous aurez choisi mais plutôt comment vous l'utiliserez. Deux profs peuvent faire une leçon complètement différente avec le même support. De plus, un prof qui débute a tendance à arriver en classe avec une pile de photocopies ; ça rassure, on se dit qu'on ne va pas rester bête devant les étudiants alors que les exercices sont terminés et qu'il reste 15 minutes, le cauchemar ! Mais quelques années d'enseignement plus tard, on a parfois du mal à finir d'exploiter la seule image apportée pour toute la leçon. Rassurez-vous si on vous a collé une méthode que vous détestez, vous pourrez toujours trouver un moyen de l'exploiter.

Une méthode que j'aime beaucoup, c'est Expression Orale. Figurez-vous que je n'ai que le niveau 1 et pourtant je l'utilise même avec des étudiants de niveau plutôt avancé. Cette méthode est truffée d'images que j'adapte au niveau de l'étudiant. J'avoue être assez visuelle dans mon approche. Je trouve qu'avec un texte on peut être bloqué avec le niveau du vocabulaire ou de la grammaire alors que l'image s'adapte beaucoup mieux à l'étudiant. Par exemple, dans ce livre, vous trouverez beaucoup de bandes dessinées. Avec un petit niveau, vous pouvez juste décrire les images avec des phrases très simples, puis augmenter le vocabulaire, dire ce qu'ils ont fait hier et transposer ainsi la B.D au passé, ou faire des hypothèses au futur, au conditionnel... On peut décrire une image à tous les temps ! On peut aussi utiliser le discours indirect. Ainsi, avec une B.D que l'on croirait limitée à un niveau débutant, on peut arriver à des productions comme ; "il lui a demandé si elle voulait aller au cinéma mais elle lui a répondu qu'elle devait travailler."

Durant mes leçons, j'essaie de faire un exercice d'écoute et pour cela j'utilise souvent Compréhension Orale. J'ai les niveaux 1 et 2. J'aime bien les dialogues. Je ne fais pas tous les exercices de chaque dialogue car je les trouve un peu répétitifs. En général, je fais écouter le dialogue, trouver le sujet de conversation, on en discute un peu, puis le livre nous demande de trouver les erreurs par rapport à une image ou quelle(s) image(s) correspond au dialogue, on réécoute le dialogue, il y a des questions de compréhension, puis un aspect grammatical, on réécoute une dernière fois, souvent en lisant la transcription à la fin du livre en faisant attention au point de grammaire, puis on termine sur le sujet de conversation introduit par le dialogue. Bref, une classe bien ficelée juste avec un dialogue ! N'hésitez pas à faire réécouter un dialogue deux ou trois fois à votre étudiant, à faire des pauses et répéter vous même en insistant sur le point à étudier. Quand j'ai débuté, j'étais gênée de faire écouter plusieurs fois un dialogue alors que les étudiants ont besoin de se l'approprier. Ils peuvent lire le dialogue eux-mêmes après l'avoir entendu, pour améliorer leur prononciation. Pour les débutants, j'amène le vocabulaire avant qu'il soit entendu par l'étudiant. Je repère les mots difficiles dans le dialogue, on discute de choses et d'autres et mine de rien j'écris quelques mots au tableau, je fais répéter ces mots aux étudiants. Quand ils écoutent le dialogue, ils ne se trouvent pas surpris ou bloqués par ces mots difficiles et ils ont déjà une petite idée sur le sujet du dialogue, ça les rassure de ne pas partir complètement en territoire inconnu. Pour les étudiants avancés, vous ferez le contraire. Vous trouverez les mots les plus difficiles du dialogue et vous leur demanderez s'ils connaissent tel ou tel mot dans une autre expression.

Un autre livre qui m'accompagne tous les jours est Grammaire en dialogues. J'ai aussi les niveaux 1 et 2 mais je n'ai pas acheté le débutant complet, ce que je ferai peut-être un jour. Pareil, on exploite l'image, on écoute le dialogue, on fait un exercice ensemble et les autres sont à faire en devoir. On finit par de la conversation. Il y a les corrections à la fin du livre. Je ne corrige jamais les devoirs en classe, que ce soit en groupe ou en leçon privée. Les exercices sont supposés répéter ce qui a été étudié en classe ; les étudiants devraient comprendre par eux-mêmes en comparant avec les solutions. S'ils ont une question, ils vous la poseront. Quel ennui de commencer une classe en corrigeant les exercices de la classe passée ! Il n'y a aucun échange entre les étudiants ou le prof/élève. En plus il y aura toujours un étudiant qui vous posera une question sur un détail que vous devrez expliquer, du coup vous parlerez plus que les étudiants. Personnellement, vu que les étudiants n'ont pas beaucoup de temps pour parler en classe, j'ai toujours pensé qu'il était plus important de les faire parler au maximum, corriger les erreurs qui correspondent à ce qu'on est train d'étudier ou qui gênent la compréhension et ne pas passer la classe à faire de la grammaire. Les étudiants apprennent bien plus vite quand ils produisent leurs propres phrases.

Aussi, ces trois livres ont pour objectif un point de grammaire précis pour chaque leçon. Nous l'étudions mais je saisis chaque opportunité pour sortir du contexte de classe et créer une réelle conversation. Si le dessin représente quelqu'un qui boit un café, je demande toujours "et vous, vous aimez le café ? vous en avez bu ce matin ? Posez la question à votre voisin". C'est important d'associer l'étudiant au dialogue, pour susciter son intérêt. Si le dialogue mentionne une ville ou une région de France, je ne manque jamais de demander qui y est allé, ce qu'ils en pensent, s'ils peuvent décrire l'endroit, est-ce qu'il y a un festival ou monument connu etc. Et ainsi on évoque ce qui intéresse nos étudiants ; notre beau pays !

Enfin, j'utilise Taxi comme support de classe avec les étudiants de niveau élémentaire à avancé, pour avoir des sujets thématiques à aborder. J'aurais pu choisir une toute autre méthode. Il se trouve que l'auteur est venu présenter la méthode dans mon école. Je l'ai détestée au début (les chapitres amènent souvent deux points de grammaire qui n'ont rien à voir l'un avec l'autre, comme si on n'en avait pas assez avec un ! Et les exercices sont très scolaires). Les sujets de conversation sont assez intéressants, la méthode moderne et sympa visuellement.  

 

 

Voilà, il y a beaucoup de méthodes. Je pense que c'est bien d'en avoir plusieurs mais surtout d'être à l'aise avec celle qu'on a choisie et de faire parler l'étudiant au maximum. Je ne pense pas avoir la science infuse ni que ma méthode d'enseignement soit la meilleure. J'espère juste avoir apporté de bons conseils.

N'hésitez pas à me contacter si vous avez d'autres questions. Bonne continuation à tous les profs de Fle !     

 

 

 

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Publié le 25 Juillet 2012

Mes chers amis, aujourd'hui est un jour très spécial ; j'ai finalement trouvé la solution pour que vous puissiez écouter mes textes !

Depuis maintenant 3 ans que j'écris ce blog, je voulais que mes étudiants puissent écouter les textes, chose si importante, spécialement pour les débutants. Mais comment faire ? Je vais vous avouer quelque chose : je suis nulle en technologie. Si, si, je ne plaisante pas. Je panique devant un Mac, je cours chez des amis dès que mon ordinateur m'envoie des messages que je ne comprends pas et j'ai fait de telles bourdes qu'elles sont devenues des légendes parmi ceux qui me connaissent.

Alors, mettre mes textes en audio, tout un challenge ! Je me suis tout d'abord équipée d'un dictaphone et j'ai enregistré un texte (beurk ! Je déteste ma voix ! Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour aider un étudiant...). J'étais toute contente de mon travail quand soudain j'ai réalisé qu'il fallait que je le mette en ligne. EN LIGNE ! Ah, non ! C'est-à-dire sortir de l'univers d'overblog que j'arrive à peu près à maîtriser. Eh oui, excepté consulter mes mails et écrire des articles sur mon blog, je ne me balade jamais sur le net. Quoi, vous croyiez que j'étais une obsédée de la technologie ? Figurez-vous que je n'ai pas Internet sur mon téléphone et cela commence même à créer des problèmes au boulot, je dois constamment répéter que, pour me contacter, il faut m'envoyer un texto et non pas un mail. J'ai parfois l'impression d'être un dinosaure...

Bref. J'ai fait des recherches pour savoir qui pourrait héberger mes documents. J'ai tout d'abord trouvé Soundcloud. Ah oui, dans ma bulle anti-technologie j'ai quand même entendu parler du "cloud". Donc je crée un profil, je crée mon doc, oui, c'est super, ah non, je réalise qu'on a droit à seulement deux heures gratuites, après il faut payer une fortune. Euh, j'ai 300 documents à mettre en ligne, ça ne va pas le faire... On continue les recherches... Qui pourrait héberger gratuitement mes documents dans ce monde si commercial ? Ah mais bien sûr : Youtube ! Bon, il faut faire une vidéo maintenant. Pas de stress, j'ouvre pour la première fois de ma vie  Windows Live Movie Maker en me répétant ma phrase préférée de Sénèque "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles". 

Bon, armée de citations datant de l'Antiquité, je m'apprête à faire mon premier film. Ah, il me faut une image. Grr ! Recherches sur Internet... Un peu de Photoshop histoire de mettre l'adresse de mon blog sur quelque chose qui va apparaître sur Youtube... Et voilà !

Ok, maintenant il me faut créer un profil sur Youtube... La patience est une vertue mes amis, on va y arriver... Ah, ils me disent que ma vidéo n'est pas formatée, panique, panique, non ça va j'y suis arrivée comme une grande et oooooooooooooooooooui ! Ma vidéo est en ligne ! houuuuuuuuuuuuuuuuurrrrrrrrrrrrrraaaaaaaaa !!!! Y'a plus qu'à la mettre en lien sur mon blog, c'est-à-dire trouver le code embed HTML =  <iframe width="560" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/DwWu9GdpBxQ" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>

 

Ce qui donne ça (à la sueur de mon front, on peut le souligner) :

 

 
Si vous avez des commentaires pour améliorer ce blog, n'hésitez pas. Maintenant, je n'ai plus qu'à répéter cette action 300 fois...
Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage... 

  

 

 

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #POUR LES PROFS

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Publié le 6 Juillet 2012

J’ai décidé de créer une nouvelle catégorie sur ce blog, dédiée aux professeurs de FLE, pour partager conseils et idées. Si vous la trouvez utile, merci de me le faire savoir en laissant un commentaire sous l’article. Vous pouvez également me poser des questions sur les difficultés que vous rencontrez en classe et je tâcherai d’y répondre en faisant appel à ma petite expérience !

Aujourd’hui, je voudrais partager ce que j’ai vécu cette semaine et qui m’a vraiment prise par surprise. Vous voyez, je commence cette catégorie supposée aider les professeurs débutants en avouant que je n’ai pas vu quelque chose venir et cela me laisser penser combien j’en ai encore à apprendre sur la psychologie de l’étudiant.

J’ai commencé il y a quelques mois à donner des cours dans une grande banque. Les cours sont payés par la compagnie et les motivations des étudiants ne sont pas celles auxquelles je suis habituée. Je voudrais vous parler de deux groupes débutants qui ont commencé en même temps. Le premier était super motivé, faisait scrupuleusement tous les devoirs et progressait à vitesse grand V. J’étais super contente de leurs progrès et je me régalais en classe. Dans le deuxième groupe, les étudiants n’ont jamais fait leurs devoirs, ils avaient beaucoup plus de difficultés à assimiler, blaguaient tout le temps, parlaient en anglais constamment et j’ai eu quelques difficultés à les centrer sur la classe, comme des ados.

Au moment de renouveler les contrats, j’étais sûre que le premier groupe allait continuer mais je pensais que certaines personnes du deuxième allaient arrêter, trouvant les cours trop difficiles ou sans intérêt. A ma très grande surprise, le premier groupe arrête. Les étudiants disent qu’ils n’ont pas le temps d’étudier, qu’ils sont débordés au travail, que la classe va trop vite. Alors que je n’ai rien imposé, j’ai suivi leur rythme et je pensais qu’ils étaient contents des classes. Autre surprise ; tous les étudiants de l’autre groupe continuent, ils me répètent depuis trois semaines combien ils adorent les classes et s’y amusent beaucoup !

J’en tombe de ma chaise mais cette expérience m’aura beaucoup appris.

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #POUR LES PROFS

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