Pour ou contre la retraite à 60 ans ? (Fle A2-B1 discours rapporté, imparfait et plus-que-parfait)

Publié le 29 Avril 2012

En ce moment, j'aide mon frère qui termine ses études en psychologie et est en train d'écrire un mémoire très intéressant sur les liens entre le stress et la lombalgie (douleurs dans le bas du dos). Je lui ai proposé de faire la transcription de ses entretiens avec des patients. Je ne savais pas combien cela allait me toucher et influencer mon opinion politique sur la retraite à 60 ans !

J'ai donc écouté monsieur M. raconter ses problèmes de dos à mon frère et j'ai été tellement touchée, tellement bouleversée que j'en avais les larmes aux yeux. 

Monsieur M. a dit qu'il avait 62 ans et qu'il était à la retraite. Il a dit qu'il avait eu un magasin de bricolage, qu'il avait vendu et porté des choses lourdes. Il a parlé de ses problèmes de dos avec la plus grande humilité, sans se plaindre de la vie, de sa vie, sans rien réclamer. Il a dit que son dos lui faisait mal constamment, qu'il avait mal quand il était assis trop longtemps, quand il marchait, quand il roulait en voiture, quand il lisait, quand il se réveillait. Il a dit qu'il devait se lever de son lit en faisant attention, il a dit qu'il devait s'asseoir ou se lever de chaise avec soin. Il a dit que les douleurs étaient terribles au petit déjeuner, puis que cela allait mieux au déjeuner.  

J'ai pensé à mes grand-mères qui ont plus de 80 ans et à leurs difficultés pour se déplacer. Mais ce monsieur a 62 ans ! Il n'a pas dit qu'il voulait faire de grands voyages ou d'autres choses que l'on peut faire une fois à la retraite. Non. Il a parlé de son envie de jardiner mais que cela n'était pas possible.  Cela lui était trop difficile. 

Monsieur M. a parlé de son corps comme d'une "machine", une "mécanique" qui était usée. Usée par les longues heures de travail, par le stress, par le poids de la vie. Il a expliqué que les "crises" le prenaient tous les deux, trois mois et qu'il était bloqué pendant plusieurs jours. Et ceci depuis dix ans. Il a parlé des médicaments anti-douleur, des piqûres de morphine, des scanners qui n'expliquaient rien et des séances à répétition chez le kiné.

Il a dit qu'il passait sa vie à faire attention à son dos et à attendre que les crises passent.

 

Avant d'écouter monsieur M., je pensais qu'on pouvait tous prendre sa retraite à 70 ans. Ah, ces Français qui veulent la retraite à 60 ans, pensais-je, quels paresseux ! Assistés ! On vit plus longtemps, on peut bien travailler plus longtemps. 

Je réalise que certaines personnes ne peuvent pas attendre et qu'elles méritent leur retraite maintenant. Ces personnes ne rêvent pas de bateaux de luxe ou de grands restaurants. 

Je suis désolée d'avoir jugé si vite.

 

Je vous souhaite à tous une bonne santé. La vie est longue et belle ; il faut la respecter. 

 

     

Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #POLITIQUE-ECONOMIE-PRESSE

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