Le droit de manger ce qu'on veut en France ? (Fle B1)

Publié le 8 Septembre 2013

C'est la rentrée, j'espère que tout s'est bien passé pour vous, que vous avez passé d'excellentes vacances et que vous avez fait le plein d'énergie pour les mois d'hiver qui s'annoncent.  

Cet été, j'avais prévu d'écrire plein d'articles sur mes superbes vacances en Alsace et dans le Jura (je les écrirai quand même, c'est promis, cela nous donnera un peu de soleil les jours de grisaille). Et puis j'ai été paresseuse, j'ai profité de mon jardin, de mes livres, c'était le repos total. Le mois d'août c'est fait pour ça, non ?

Donc j'ai l'intention de recommencer à écrire avec assiduité et je remercie tous les lecteurs qui se sont inscrits à mon blog cet été alors que j'avais disparu !

Pour cette rentrée, je voudrais évoquer un sujet plutôt sérieux dont une amie m'a parlé hier. C'est une affaire qui se passe dans le Vaucluse depuis quelques mois et j'aimerais bien votre opinion, je ne sais pas quoi penser. Alors que toute notre attention est tournée vers nos chères têtes blondes qui reprennent le chemin de l'école, il y a un couple qui se bat pour récupérer son enfant, Joachim Paul, qui leur a été enlevé par les services sociaux. J'ai essayé de lire le maximum d'articles sur Internet mais c'est difficile de se faire une opinion quand on n'a que la version des parents. Donc, le 13 mai dernier, ces parents sont allés voir un médecin parce que leur bébé de 5 mois avait des problèmes de poids. Ils lui donnaient un lait maternisé à base de lait de riz, vendu en pharmacie et recommandé pour les bébés qui ne supportent pas le lait de vache. Pendant la conversation, la maman a expliqué qu'elle était végétalienne mais cela n'a aucune influence sur son bébé puisqu'elle ne l'allaite pas. Le médecin a recommandé d'aller à l'hôpital pour faire des examens. Puis il a écrit au procureur de la République pour l'informer que Joachim Paul était en danger car mal nourri et les services sociaux sont venus chercher l'enfant, alors qu'apparemment les examens à l'hôpital n'ont pas relevé de carences. Depuis trois mois, les parents font face à différents médecins, policiers, juges qui semblent penser que le régime alimentaire de la mère pertube le développement de l'enfant. L'enfant leur a été enlevé pour six mois et ils n'ont droit qu'à 8h de visites par semaine.

Voici le blog des parents  qui explique l'histoire en détails : link

On ne connaît pas le poids de l'enfant lorsqu'il a été examiné par le docteur donc c'est difficile de juger s'il a pris une bonne décision. Ce qui me fait réfléchir, c'est que ces parents sont allés voir un médecin pour demander conseil face à leur situation et qu'on leur a enlevé leur enfant pour maltraitance. Il y a tellement d'enfants en danger qui sont ignorés ou oubliés par les services sociaux, pourquoi retirer cet enfant à ses parents ? Il me semble que les docteurs réagissent moins face aux enfants obèses, nourris quotidiennement au MacDo et dont l'espérance de vie est plus courte que celle de leurs parents. Je peux tout à fait comprendre que le régime alimentaire de la mère ait pu paraître suspect au corps médical. En France, les végétariens se voient encore proposer du poisson comme alternative, alors les végétaliens semblent faire partie d'une secte ! Pensez-vous, ces parents vont à l'encontre du lobbying des agriculteurs et des industriels des produits laitiers... 

Cela me fait beaucoup réfléchir sur la culture française. Quand on parle d'égalité et de liberté, on sous-entend aussi uniformité. Les Français revendiquent souvent l'individualisme, mais quand il va dans le sens de la masse. Face aux gens qui ont des régimes alimentaires spécifiques pour raison religieuse, éthique ou de santé, les Français sont plutôt intolérants. J'entends des commentaires du genre "Mais pourquoi ils ne font pas comme nous ?", "Un peu de porc dans sa salade ? Oh, elle pourrait pas faire une exception ?", "Les animaux ne souffrent pas comme nous et puis qui dit que la carotte ne souffre pas elle aussi ?"

Il ne faut pas oublier que lorsqu'on met le pied en France, on entre dans un pays fier de son terroir, de ses traditions, du foie gras jusqu'au boeuf bourguignon et qui ose dire qu'il n'apprécie pas notre gastronomie passe pour une personne aux idées dangeureuses. 

Mais à partir de quel moment des personnes étrangères à la famille peuvent-elles estimer que les choix éducatifs des parents sont dangereux pour l'enfant et qu'il vaut mieux briser cette cellule familiale ?

     

Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #PETITE PHILOSOPHIE

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