Définir un mot, est-ce endoctriner ? (Fle B1 - C1)

Publié le 11 Mars 2010

Suite à mon article sur la biographie de Paul Robert, je voudrais vous faire part d'une petite anecdote sulfureuse.

Vous conviendrez qu'un dictionnaire nous donne la définition des mots dont nous ne sommes pas sûrs ou que nous ne connaissons pas. Oui, mais ne pensez-vous pas qu'il puisse nous influencer sur ce que nous allons penser de ces mots ?

Un exemple concret qui a crée beaucoup de polémiques autour du Petit Robert ; le mot "colonialisme". Comment pourriez-vous définir ce mot sans être influencé idéologiquement ?

 

Voici les définitions qui ont fait scandale en 2007, parce qu'elles n'avaient pas changé depuis 40 ans ;

  • Colonisation : « mise en valeur, exploitation de pays devenus colonies ».
  • Coloniser : « coloniser un pays pour le mettre en valeur, en exploiter les richesses [...] ».

Ceci nous fait tristement penser à l’alinéa 2 de l¹article 4 de la loi du 23 février 2005 mentionnant, rappelez-vous, le « rôle positif » de la colonisation française. Heureusement, le Président de la République Jacques Chirac avait compris l’indignation suscitée chez beaucoup de nos compatriotes. Cet alinéa a été abrogé. Mais Le petit Robert, deux ans plus tard, continue d'insinuer un rôle positif à la colonisation.

Finalement, en 2008, une citation d'Aimé Césaire (Qui était Aimé Césaire ? voir mon article aimé césaire - le concept de "négritude" ) est ajoutée d'après son "Discours sur le colonialisme" :

« À mon tour de poser une équation : colonisation = chosification ;

J'entends la tempête. On me parle de progrès, de vies élevées au-dessus d’eux mêmes.

Moi je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, des cultures piétinées, d¹institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d¹extraordinaires possibilités supprimées.

On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilomètres de routes, de canaux, de chemin de fer ?

Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés au Congo-Océan.

Je parle de ceux qui, à l’heure où j’écris, sont en train de creuser à la main le port d’Abidjan.

Je parle de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leur terre, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse.

Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme. »

 

 

 

J'ai trouvé ces information fort éclairantes sur un site consacré aux problèmes de la France par rapport à son passé colonial ; link

 

Rédigé par frenchteacher (fle)

Publié dans #PETITE PHILOSOPHIE

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