Publié le 27 Février 2014

Comme vous le savez, je m'intéresse à l'influence de la langue maternelle sur notre personnalité. Les Anglais sont-ils flegmatiques parce que l'expression "c'est un scandale" n'est pas beaucoup utilisée ? Les Italiens parlent-ils avec leurs mains à cause de la musicalité de leur langue ? Je viens de lire un article sur lexpress.fr qui suggère que le sexisme est écrit dans la grammaire des langues. Passionnant !

Voici un extrait de l'interview d'Estefania Santacreu-Vasut par Olivier Monod : 

Vous travaillez sur les liens entre l'importance du genre dans la grammaire et la présence des femmes dans les conseils d'administration. Avec quels résultats ? 

Dans les pays où la langue est très "genrée", seuls 47% des conseils d'administration comptent une femme. Ce chiffre est de 62% dans les pays ou la langue l'est moins. Nous nous sommes basés pour cette étude sur les données de 4300 entreprises dans 45 pays.  

Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons étudié la taille des équipes managées par des femmes en fonction de la langue qu'elles parlent à la maison. Il en ressort qu'une femme qui parle une langue peu "genrée" a plus de chances de manager une équipe de plus de 10 personnes qu'une femme parlant une langue qui l'est beaucoup. 

Quelles sont les différences grammaticales entre les différentes langues concernant le genre ?

On classe les langues sur une échelle de quatre niveaux, en fonction de différents critères : existe-t-il des différences entre le féminin et le masculin ? Si oui, existe-t-il un genre neutre ? Le sexe d'une personne est-il toujours précisé ? Un genre est-il attribué à des objets ? 

Certaines langues comme l'arabe ou l'espagnol sont très "genrées", de niveau 4. Quand vous dites "nous" en espagnol, vous dites "nosotros" ou "nosotras" et vous précisez le genre. Ce n'est pas le cas en français, qui est une langue de niveau 3. Au niveau 1, on retrouve l'anglais et le suédois : une table n'a pas de genre en anglais alors que chaque objet a un genre en français. 

Comment expliquer que la grammaire soit corrélée ainsi avec une pratique sociale ?

Il existe deux explications non exclusives. Soit l'on considère que la langue reflète la culture, soit l'on considère que le langage façonne notre manière de penser et de voir le monde - c'est l'hypothèse de Sapir-Whorf.  

Vous avez une préférence pour l'une ou l'autre de ces hypothèses ?

Nous avons étudié la distribution des tâches ménagères chez des couples composés de migrants aux États-Unis. Il ressort que l'implication dans les tâches ménagères est cohérente avec la langue d'origine chez les personnes arrivées aux États-Unis à un âge supérieur à 10 ans. Les personnes arrivées avant 9 ans se comportent comme des anglophones. Ceci est cohérent avec la théorie de la période critique d'apprentissage. Cette théorie avance que le développement du langage a lieu pendant une période critique précoce, autour de l'âge de 9 ans.  

Rassurez-nous, nous ne sommes pas complètement prédéfinis par notre langue ?

Non!  Nous avons vu que l'instauration de quotas pouvait faire augmenter le nombre de femmes en politique. Cela permet de faire émerger une première génération qui sert d'exemple pour la suite. Notre étude sur les groupes multinationaux en microfinance suggère qu'une sensibilisation aux problématiques du genre en entreprise ne serait pas de trop. Enfin, on peut penser que plus les enfants apprendront une langue étrangère tôt à l'école, plus ils seront ouverts sur le monde et auront une vision nuancée des choses. 

Quelques commentaires des Internautes sur cet article :

sofbonita

Changer la grammaire au nom du féminisme ! On atteint des sommets !

Pascaline31

Pour moi, naturellement, sans passer par l'intellect, je suis sensible au manque de termes féminins dans certains domaines, notamment dans le monde des responsabilités. C'est pour cela que je féminise dès que cela est possible : présidente, auteure, cheffe, professeure. Une langue n'est jamais figée, elle bouge dans le temps et avec son temps. Regardez "pharmacienne" sensé désigner la femme du pharmacien. C'est un usage désuet, d'autant plus qu'il y a de grandes chances aujourd'hui que la femme du pharmacien soit avocate, ingénieure, ou autre. Elle n'a plus besoin de son mari pour se positionner socialement. Les femmes ont le tort d'avoir tendance à laisser faire là où ça ne leur semble pas essentiel. Il y a des petits riens qui comptent. Et la façon dont l'on parle de vous, le traitement qui vous est accordé n'est pas un petit rien. Lorsque l'on parle d'une femme comme étant Madame le Président, ou Madame le Juge, cela sous-entend, que le président ou le juge est normalement un homme. Ce qui aujourd'hui est faux.

timtrimm

Débile. L'allemand a un genre neutre, dans cette langue il n'y a absolument aucun équivalent de notre accord avec prévalence du masculin, et pourtant les femmes y travaillent beaucoup moins qu'en France, moins de crèches et inexistence encore largement répandue de structures d'accueil des enfants scolarisés l'après-midi dans les campagnes (survivance des fameux "3 K" : Kinder-Küche-Kirche / les enfants, la cuisine et l'église). Il y en a qui ne savent pas quoi inventer pour se rendre intéressants. Le pire, c'est que quelques excité(e)s de l'extrémisme vont sans doute reprendre le truc ... A quand les Femen urinant devant l'Académie française ?  

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #PETITE PHILOSOPHIE

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Publié le 19 Février 2014

Le 14 juillet,  François Hollande a dévoilé le nouveau timbre Marianne. Pour le président, il est "l’illustration" de la jeunesse. Pourquoi alors certains, dont Christine Boutin, appellent-ils actuellement au boycott de ce timbre-poste ? Parce que son auteur Olivier Ciappa a révélé qu’il avait pris pour modèle Inna Shevchenko, fondatrice des Femen. Il revient sur la polémique engendrée par ce choix symbolique : "Si j’ai choisi Inna Shevchenko comme modèle principal, c’est parce qu’il est évident pour moi que la Marianne de 1789 aurait été une Femen. Parce qu’elle a les seins nus – j'avais d'ailleurs demandé à la retravailler pour qu'on voie davantage qu'elle a la poitrine dénudée mais le processus de sélection était déjà trop avancé. Mais aussi en raison des valeurs qu’elle défend. Les Femen ne militent pour rien d’autre que la liberté, l’égalité et la fraternité. Il n’y avait pas pour moi de meilleur symbole.

Pour ne pas faire trop Femen mais montrer l’inspiration, j’ai transformé les fleurs dont Inna orne ses cheveux par des feuilles d’olivier dans la chevelure de la Marianne de la version verte du timbre. Ce n’est pas une référence à mon prénom ni une question d’ego : c’est simplement que l’olivier est le symbole de la paix. C’est d’ailleurs pour cela qu’on retrouve cet arbre sous la Marianne.

 

Pour le timbre rouge (lettre prioritaire), on voit un petit garçon et une petite fille avec un ballon, jeu traditionnellement de garçons. Les voir jouer ensemble, c’est ça l’égalité. Sans compter que, si l’on regarde bien, le petit garçon peut tout aussi bien être d’origine subsaharienne que maghrébine.

Pour la Marianne, j’ai fait plusieurs tentatives. J’ai essayé de mélanger différentes origines, des traits d’Asie, de l’Europe de l’est et d’Afrique centrale. Mais je ne suis pas parvenu à mêler toutes ces personnalités en un visage. Cette Marianne avait l’air complètement ridicule.

 

J’ai aussi voulu fusionner les traits de Roselyne Bachelot et de Christiane Taubira. Ça ne rendait rien. Mais je me suis rendu compte que, lorsque ces deux femmes politiques discouraient, elles avaient un geste gracieux de la main. C’est pour cela que j’ai intégré une main de Marianne dans le timbre.

 

Cette Marianne est donc un mélange de plusieurs femmes, elle a beaucoup d’Inna Shevchenko, mais aussi un peu de Roselyne Bachelot et de Christiane Taubira. Et elle a les yeux de Marion Cotillard, qui, comme Marianne, représente la France à l’international et est mondialement connue. Mais avant tout, ce timbre représente la jeunesse. Parce que Marianne est jeune, mais surtout parce que ce sont les lycéens français qui ont voté pour ce timbre-là. Quand Christine Boutin écrit sur Twitter "Ce Hollande nous aura tout fait : le nouveau timbre-poste une Marianne inspirée d’une Femen", elle oublie (volontairement ?) que c’est la jeunesse qui l’a choisi.

Je ne sais pas si le président était au courant du modèle, mais ça importe peu puisqu’il n’est pas intervenu dans le choix final. En revanche, les lycéens avaient conscience que cette Marianne était inspirée d’une Femen. Ils savaient aussi que j’en étais l’auteur.

 

Et ils m’ont dit avoir voté pour moi parce que ce timbre était leur préféré, en termes artistiques, mais aussi parce que, pour eux, mon combat était celui de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Qu’autant de lycéens votent pour ce timbre, c’est le plus beau des compliments. À côté, les critiques et les appels au boycott de gens insignifiants ne me font rien."

Et vous, que pensez-vous de ce timbre ?

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Publié dans #POLITIQUE-ECONOMIE-PRESSE

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Publié le 13 Février 2014

Hier, j'ai regardé un documentaire anglais très intéressant. Il s'appelle "Bringing up Baby" (élever bébé). C'est un documentaire en quatre épisodes qui dure quatre heures et c'était tellement passionnant que j'ai regardé tous les épisodes d'affilée. Trois spécialistes de l'éducation -des nannies- ont suivi six couples avec leur bébé pendant trois mois depuis le premier jour. Ces nannies ont une opinion totalement différente de l'éducation d'un bébé et l'émission est très controversée. Les directeurs de la chaîne de télévision ont reçu 730 plaintes et une pédiatre a écrit aux services sociaux pour dénoncer les pratiques cruelles de l'une des nannies.

Quelles sont leurs idées ?

La première nanny suit la méthode du docteur Truby King. Cette méthode a été populaire jusque dans les années 50. Les bébés dorment seuls dans leur chambre dès la première nuit. Les parents laissent pleurer leur bébé toute la nuit jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il faut dormir. Le bébé suit une routine très stricte ; il mange et dort à des heures fixes. S'il a faim, il doit attendre. Les parents mettent leur bébé dans le jardin trois heures par jour, tout seul, car l'air frais est très bon pour lui. Ils ne doivent pas faire de câlins plus de dix minutes par jour et ne doivent pas regarder le bébé en donnant le biberon. Le bébé doit apprendre à obéir à ses parents et non l'inverse. Les deux couples étaient très contents de cette méthode. Au début les mères ont pleuré en entendant leur bébé hurler mais après quelque temps elles étaient très contente de retrouver leur vie sociale, sexuelle et professionnelle très rapidement.

La deuxième nanny suit la méthode du docteur Benjamin Spocke. Cette méthode était très populaire dans les années 60. Ce docteur a répété que la mère doit suivre son instinct, elle sait ce qui est bien pour son bébé. Elle doit écouter son bébé et aller au rythme du bébé, pas au rythme qui lui convient pour pouvoir dormir toute la nuit. Le bébé dort à côté de ses parents pendant les premiers mois. On a reproché à ce docteur de créer des enfants gâtés et difficiles. Les mères ont apprécié qu'on leur donne de la valeur et un pouvoir de décision par rapport à l'éducation de leur bébé. Mais les deux mères de l'émission ont dit que parfois elles se sont senties un peu perdues, que l'instinct maternel n'était pas si évident que cela et qu'elles auraient aimé des directives plus claires que "suivre son instinct".

La troisième nanny suit la méthode du "continuum concept", un concept expliqué par l'anthropologue Jean Liedloff qui a suivi une tribu amazonienne pendant trois ans. Elle recommande que les parents gardent un contact peau à peau avec leur bébé pendant au minimum six mois, pour donner confiance au bébé et créer une magnifique relation entre le bébé et les parents. Le bébé dort dans le lit avec les parents et n'est pas dérangé par les relations sexuelles de ses parents car il ne comprend pas ce qui se passe. Les enfant peuvent utiliser des couteaux pointus dès l'âge de deux ans et peler des fruits et légumes tous seuls car ils sont habitués à voir leurs parents les utiliser. Les parents ont été très contents de cette méthode. Ils ont dit que leur bébé ne pleurait jamais et ils étaient rassurés que leur bébé soit constamment avec eux. Beaucoup de personnes critiquent cette méthode et disent que les enfants sont totalement dépendants de leurs parents.

Et vous, quelle méthode préférez-vous ? Quelle méthode vos parents ont-ils utilisé pour vous ?    

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Publié dans #PETITE PHILOSOPHIE

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Publié le 10 Février 2014

Ce matin je me promenais sur la toile pendant une heure que j'avais oisive quand je suis tombée sur le blog d'Aline (http://www.aline-voyages-et-fle.fr/). Elle parlait de cadeaux qu'elle avait reçus après la naissance de son bébé. Parmi eux, une toise, cet objet que l'on place contre un mur et qui sert à mesurer la croissance de nos têtes blondes. Tiens, me suis-je dit, y a-t-il un rapport entre une toise et toiser quelqu'un, c'est-à-dire regarder quelqu'un avec un certain mépris ?

Je suis donc partie dans mes recherches étymologiques qui, comme d'habitude, m'ont fait voyager jusqu'à l'Antiquité. J'ai ainsi découvert que le mot toise venait du verbe tendere en latin, ce qui veut dire tendre. Comme vous le savez, la toise est une unité de mesure. En tendant les bras, on a une toise d'une main à l'autre, ce qui fait six pieds ou approximativement 1m80. Et quand on toise les gens du regard, on les mesure (et on se croit meilleurs qu'eux ?).

J'aime bien ce proverbe : "On ne mesure pas les hommes à la toise, c'est par leur degré de mérite qu'il faut les apprécier". Ca tombe bien car je ne suis pas très grande...

On ne mesure pas les hommes à la toise, C'est par leur degré de mérite qu'il faut les apprécier.
Read more at http://www.mediadico.com/dictionnaire/definition/toise#Ibq7bVtZQXbPqaZy.99

 

 

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Publié dans #EXPRESSIONS IDIOMATIQUES

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Publié le 8 Février 2014

Je répète souvent à mes étudiants que les Français adorent la décoration. Pensez-donc, nous avons tant de lettres à la fin des mots que nous ne prononçons pas.  "Petit", le "t" est une décoration, on ne prononce pas... "Petite", ah maintenant vous prononcez le t mais pas le e... Le h bien sûr est un grand problème pour nous, qu'il soit muet et d'origine latine ou grecque ou bien aspiré et d'origine allemande. J'explique à mes étudiants que nous ne savons pas comment le prononcer, il est là juste pour décorer ! Et puis pour les amuser je prononce des mots anglais à la française ; 'Ollywood, 'Arrods, 'Arry Potter, Notting 'ill... Ca les fait bien rire.

D'un autre côté, on rajoute parfois des lettres qui ne servent à rien, juste pour faire une jolie prononciation. Par exemple, on met un t après certains verbes pour aider. Ce t s'appelle le t euphonique : Aime-t-elle le vin ? Qu'a-t-il pensé du film ? Ce t s'utilise avant il/elle/on quand deux voyelles se suivent. On ne l'utilise pas avec les verbes qui se terminent avec un t ou un d : Prend-on le train ou la voiture ?

Certains prudes le trouvent bien pratique car ils évitent ainsi le son "con". Mon dieu, qu'est-ce qu'on deviendrait sans ce t !

N'oubliez pas de mettre un tiret avant et après le t euphonique. Y a-t-il d'autres questions ?

Ah oui ! Ne confondez pas avec le pronom du verbe s'en aller : va-t'en !

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Publié dans #PRONONCIATION-PHONETIQUE

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Publié le 7 Février 2014

  

Vous vous doutez bien que les producteurs et supermarchés rivalisent d'imagination pour tromper nos papilles gustatives. Cependant, nous ne pouvons pas les rendre responsables de tous les maux de la planète. Après tout, le consommateur est de plus en plus difficile. Par exemple, savez-vous qu'on utilise des colorants car la couleur naturelle des aliments ne nous paraît pas "naturelle" ? Ainsi, le jambon est rendu plus rose, le lait plus blanc et le beurre plus jaune. En effet, le beurre est normalement plus foncé l'été du fait d'une présence plus importante de carotène et de chlorophylle dans l'alimentation des vaches. Pour conserver une couleur de beurre identique tout au long de l'année, les industriels ajoutent des colorants afin de ne pas perturber le consommateur ! Il s'agit soit de carotène, soit d'un pigment naturel.

Pareil pour bien des produits à base de fruits dont la couleur naturelle ne nous paraîtrait pas assez naturelle ; les industriels rajoutent des colorants pour que nous puissions y "voir" le goût fraise, mangue, kiwi etc.

On va-t-on, je vous le demande...    

 

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #PETITE PHILOSOPHIE

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Publié le 5 Février 2014

On est tous d'accord sur un point : le prof de langues n'est pas un prof comme les autres, il est supposé parler le moins possible en classe. Les étudiants s'appellent d'ailleurs des "apprenants". Ils doivent être actifs dans leur apprentissage et non pas écouter un prof leur réciter tous les verbes irréguliers et règles de grammaire à mémoriser. Partant de ce principe, nous pourrions penser que la lecture d'un texte en classe est une excellente opportunité pour les faire parler. Vous divisez le texte en paragraphes et donnez la parole à tour de rôle à chaque étudiant. Et vous vous frottez les mains en vous disant qu'au moins même les plus timides auront parlé à cette occasion. C'est ce que je me disais au début, jusqu'à ce que je me fasse observer par une inspectrice de l'Alliance Française de Paris alors que j'enseignais à celle de Londres. L'inspectrice nous avait tous réunis pour nous faire part de ses observations. "Le prof doit lire le texte, pas les étudiants !" nous a t-elle expliqué. Et cela m'a soudain paru évident. Tout d'abord, celui qui lit ne comprend pas ce qu'il lit car il se concentre sur sa prononciation et stresse d'avoir toute l'attention de la classe sur lui, enfin les autres ne comprennent pas davantage car la plupart du temps le lecteur massacre le texte. Bref, l'expérience est pénible pour tous. Je me suis donc mise à lire mes textes et tout de suite j'ai apprécié les avantages. En lisant lui-même, le prof peut clarifier le sens du texte et aider à sa compréhension. Il met l'accent sur les mots importants, peut donner rapidement une périphrase après un mot difficile, mimer le vocabulaire nouveau, créer un rythme dans le texte. En deux mots, le prof rend le texte vivant et intéressant. Mes classes sont devenues beaucoup plus agréables depuis que je lis mes textes et je ne complexe plus par rapport au temps de parole du prof. En plus, une fois que vous aurez étudié le texte ensemble, rien ne vous empêche de prendre un paragraphe ou deux et de les faire lire à voix haute, pour travailler la phonétique. C'est ce que je fais avec mes dialogues dont j'ai la transcription. Je fais écouter le dialogue plusieurs fois, on en discute etc et pour terminer je propose à l'étudiant de lire la transcription. D'abord il la lit pour lui même. Parfois je donne des directives ; "faites attention aux verbes au plus-que-parfait", "relevez les pronoms", retrouvez les expressions idiomatiques que nous venons d'étudier" etc. Puis, une fois que le texte est acquis en profondeur, je le fais lire à l'étudiant.

Et voilà une bonne chose de faite !    

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #POUR LES PROFS

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Publié le 2 Février 2014

 

Voici un fait divers assez incroyable : un professeur d'histoire, qui était allé en Pologne avec ses étudiants dans le cadre d'un voyage éducatif sur la mémoire, aurait dérobé des objets venant d'Auschwitz :

"Jeudi, à l'aéroport de Cracovie, en Pologne, la douane a trouvé d'étranges objets dans la poche d'un professeur d'histoire de la région lyonnaise. En l'occurrence, des ciseaux et une douille provenant du camp d'extermination d'Auschwitz, rapporte Le Progrès.

«Le professeur a admis que ces objets provenaient du camp», a précisé Urszula Podraza, porte-parole de l'aéroport de Cracovie interrogé par le quotidien.

Selon Jean-Christophe Bidet, inspecteur d'académie adjoint de l'Académie de Lyon, le professeur aurait permis à un élève de ramasser les deux objets après leur découverte sur le sol. «Comme ils étaient poussiéreux, l'enseignant dit les avoir mis dans un mouchoir en papier, puis dans sa poche», a-t-il déclaré au Progrès. Le professeur n'aurait pas eu l'intention de dérober des objets de valeur.

Le vol de ces objets n'en est pas moins un délit. «Selon la loi polonaise, le camp est un espace protégé et il est illégal de s'emparer de quelque objet que ce soit sur le site», précise Urszula Podraza. En cas de vol d'un objet protégé, la peine encourue est de dix ans de prison.

En «l'absence d'intention malveillante», les autorités polonaises ont décidé de laisser le professeur prendre son avion pour la France avec ses élèves.

Le professeur s'est excusé auprès de la présidente du conseil général du Rhône."

Je trouve surprenant que ce professeur ait pu trouver de tels objets traînant sur le sol.

Je suis encore plus surprise que ce professeur ait ramassé ces objets et les ait oubliés dans sa poche, sous prétexte qu'ils étaient poussiéreux...

Dans tous les cas, c'est assez ironique que ce soit un professeur d'histoire qui ait commis ce délit. N'est-il pas le mieux placé pour transmettre le devoir de mémoire ? Et on dit que les jeunes ne respectent pas l'histoire !

Une internaute a suggéré qu'il aurait pu prendre une photo des objets plutôt que les objets eux-mêmes. Mais peut-on prendre des photos dans un camp de concentration ?

Si j'avais été la présidente du conseil général du Rhône, je lui aurais donné 100 lignes à copier sur le devoir de mémoire. Non mais ! 

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Rédigé par Frenchteacher

Publié dans #PETITE PHILOSOPHIE

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